Créé par l'AFSE en 2015, l'objectif de ce blog est de permettre aux économistes d'avoir des échanges autour des grands thèmes actuels.

 

Patrick Artus - Chef Economiste et membre du Comité Exécutif de Natixis

Il paraît évident que le modèle économique de la zone euro évolue dans un sens différent de celui du modèle traditionnel du libéralisme (appelons ce modèle le « consensus ancien de Washington »), sans doute en réponse aux demandes des opinions. La zone euro devient plus protectrice (contre le dumping social ou environnemental, contre les acquisitions étrangères, contre les multinationales de l’Internet) ; elle souhaite avancer vers la coordination fiscale et sociale de ses pays (harmonisation fiscale, réduction des biais de compétitivité comme les travailleurs détachés) ; elle souhaite un supplément d’interventionnisme des Etats (investissements publics du Plan Juncker, proposition de budget de la zone euro, mise en place de projets communs d’investissement public) ; elle a mis la politique monétaire au service de la croissance. Certaines évolutions sont clairement favorables ; il faudrait se demander si d’autres ne peuvent pas nuire au dynamisme économique de la zone euro (s’il y a réduction de la concurrence, rôle accru des Etats dans les investissements, peut-être hausse de la pression fiscale).


Louisa Toubal - Chef de projet La Fabrique de l'industrie

Depuis les années 1980, le Royaume-Uni a fait de l’attraction d’investisseurs étrangers un élément clé de sa politique industrielle. À la différence de la France, le pays a laissé vendre la plupart de ses fleurons nationaux. C’est aujourd'hui le pays qui attire le plus d’investissements directs étrangers (IDE) en Europe. Ce billet souligne les effets ambigus de ces derniers au Royaume-Uni. Contrairement aux idées reçues, les IDE ont ralenti la désindustrialisation de l’économie britannique, notamment dans le secteur automobile, et contribué à sa montée en gamme. Néanmoins, les capitaux étrangers ne se répartissent pas de façon équitable entre secteurs et régions, aggravant de fait les inégalités spatiales. Dans le contexte du Brexit enfin, la forte dépendance du Royaume-Uni aux IDE n’est pas sans risque pour son économie.


Claude Diebolt - Directeur de Recherche au CNRS à l’Université de Strasbourg

Le thème des Entretiens de l'AFSE, organisé lors des Jéco le 07/11/2017,  est : la preuve dans les Sciences économiques.

Les intervenants seront : Michel Aglietta (Professeur émérite d’économie, conseiller scientifique au CEPII et à France Stratégie), Richard Arena (Professeur de Sciences économiques), Claude Diebolt (Directeur de Recherche au CNRS à l’Université de Strasbourg et Président de la Section 37 (Economie et Gestion) du Comité National de la Recherche Scientifique) et Marie Claire Villeval (Directrice de Recherche CNRS, GATE)


Thomas Barnay - Professeur à l’Université Paris-Est Créteil, Vice-Président
en charge des relations scientifiques et internationales du Collège des
Economistes de la Santé

Thomas BARNAY
Professeur de sciences économiques, Université Paris-Est Créteil / Phd, Full Professor in Economics, Upec
Chercheur à Erudite, Tepp et IST-PE / Research Fellow at Erudite, Tepp and IST-PE
Directeur du Master 2 Economie de la Santé


Etienne Wasmer - Professeur à Sciences Po

Dans un sondage Ipsos Sopra Steria récent et peu commenté, publié le 30 mars (« Présidentielle 2017: les Français et le pouvoir d’achat »), la question du pouvoir d’achat est prioritaire dans leur vote pour 37 % des Français et occupe une place importante pour 56 % d’entre eux. Ces proportions sont plus élevées pour les électeurs de François Fillon et surtout de Marine Le Pen, dont 45 % des électeurs jugent cette question prioritaire. Et, sans surprise, ils ne font guère confiance à leurs candidats pour la régler, le taux de confiance étant de 43 % pour Jean-Luc Mélenchon, 38 % pour Emmanuel Macron et entre 20 % et 34 % pour les autres candidats.


L’Europe : atout ou boulet ? Dimanche 16 avril 2017

Patrick Artus - Chef Economiste et membre du Comité Exécutif de Natixis

L’Europe est-elle un atout pour les pays membres de l’Union Européenne, est-elle au contraire un obstacle à leur croissance en raison des déficiences de sa construction institutionnelle ? La question vaut la peine d’être posée alors que, dans un nombre croissant de pays de l’Union Européenne soit la question de la sortie de l’UE est ouvertement discutée, soit les opinions ont une vision de plus en  plus critique de l’apport de l’Europe à leur pays (c’est le cas en Pologne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en France, en Italie, et il y a bien sûr le Brexit). Quand on se pose cette question, une première difficulté est que l’analyse n’est pas la même selon qu’on s’intéresse à l’Union Européenne ou à la zone euro.


OFCE - Observatoire français des conjonctures économiques

Jérôme Creel, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et ESCP Europe
Francesco Saraceno, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et LUISS


Paie-t-on trop d’impôt ? Lundi 3 avril 2017

Gilles Dufrenot - Professeur des universités , Aix-Marseille Université , Faculté d'Économie et de Gestion (FEG)

La France a l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Si l’on ajoute les impôts, aux cotisations et aux taxes, ce taux avoisine 45% du PIB. La charge qui pèse sur les entreprises représente 30,2% des recettes fiscales, dont 25,1% de cotisations sociales. La contribution des ménages est de 28%. La pression fiscale reflète un modèle d’économie où la société a, jusqu’ici, opté en faveur d’un haut niveau de protection sociale financé par le secteur public (voir le tableau 1). Les dépenses de protection sociale et de santé représentent 55% du total des dépenses. La France, comme l’Allemagne, fonctionne sur le modèle scandinave. Par comparaison, les taux de pression fiscale des Etats-Unis et du Royaume-Uni sont seulement de 25% et 35% respectivement, et les ratios des dépenses publiques de 47% et 39% (contre 57% pour la France). Dans ces pays, la protection sociale est davantage du ressort du secteur privé.


OFCE - Observatoire français des conjonctures économiques

Jérôme Creel, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et ESCP Europe
Francesco Saraceno, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et LUISS

Les débats sur les effets néfastes de la mondialisation ressurgissent périodiquement et notamment lors des campagnes électorales. La mondialisation apparaît bien souvent comme la cause de tous les maux de la France : terrorisme, chômage, désindustrialisation, décrochage dans les classements de toutes sortes, crises européennes, tout serait la faute de la mondialisation. C’est à la fois faux et vrai.


Alain Trannoy - Directeur d'étude à l'EHESS

Ecole d’économie d’Aix-Marseille, EHESS et Association française de sciences économiques (AFSE)

On l’oublie un peu vite, mais lors de l’élection présidentielle de 2012, l’enjeu de la soutenabilité de la dette publique était beaucoup plus prégnant qu’aujourd’hui. La crise des dettes publiques européennes battait son plein, avec la faillite de l’Etat grec. Cinq ans plus tard, la politique d’assouplissement quantitatif pratiquée par la Banque centrale européenne (BCE) sous l’autorité de Mario Draghi a fait merveille. En rachetant massivement des titres de dette publique aux banques européennes, elle a contribué à diminuer considérablement la charge de la dette. Selon la Cour des Comptes, 40 % de la réduction du déficit public sous le quinquennat Hollande ont été obtenus à travers une réduction du taux d’intérêt, exigée par les emprunteurs sur la dette française. Le ratio de dette publique « au sens de Maastricht » a même baissé au troisième trimestre 2016 par rapport au second trimestre et s’établit à 97,6 % du PIB de la France. Le danger d’un étouffement des finances publiques et de la croissance sous le poids de la dette est-il définitivement écarté pour autant ?