Créé par l'AFSE en 2015, l'objectif de ce blog est de permettre aux économistes d'avoir des échanges autour des grands thèmes actuels. L’AFSE n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans les différentes notes : ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

 

Paul Malliet - Economiste au département Economie et Environnement, OFCE, Sciences Po , Mathieu Plane - Directeur adjoint au département Analyse et prévision, OFCE , Francesco Saraceno - Directeur adjoint du département Etudes à l'OFCE et professeur d'économie européenne à Sciences Po , Anissa Saumtally - Economiste au département Economie et Environnement, OFCE, Sciences Po

Ce billet est une republication du billet initialement publié le 27 février 2026 sur le blog de l’OFCE, qui a fait peau neuve pour améliorer le confort de lecture, notamment par l’inclusion de graphiques dynamiques. Ce billet, qui est une synthèse du chapitre 2 de l’European Public Investment Outlook 2025, souligne l’insuffisance de l’investissement public en France pour soutenir la transition bas-carbone, malgré des avancées en matière de réduction des émissions. Les contraintes budgétaires et le manque de visibilité stratégique limitent la capacité à accélérer la décarbonation au rythme requis par les objectifs climatiques. Les auteurs appellent à une révision du cadre budgétaire afin de garantir un effort d’investissement cohérent avec les ambitions climatiques.


Benoît Le Maux - Maître de Conférences HDR, Université de Rennes, CREM-CNRS 6211

Le nombre d’élus nécessaires pour représenter les citoyens est un sujet récurrent dans le débat public. Entre projets de réduction du nombre de parlementaires, croissance démographique et forte hétérogénéité entre pays, la question de la « bonne » taille des assemblées reste ouverte. Alors que certains États cherchent à réduire leurs représentants pour améliorer l’efficacité décisionnelle ou limiter les coûts publics, d’autres s’interrogent sur les effets de ces réformes sur la qualité de la représentation démocratique. Que disent les travaux académiques sur ce sujet ? Existe-t-il un nombre « optimal » d’élus ? Ce billet revient sur les principaux résultats de la littérature économique, notamment ceux de Benoît Le Maux, et leurs implications pour l’organisation de nos démocraties.


Anne Boring - Associate professor à Erasmus University Rotterdam et chercheuse affiliée à Sciences Po (LIEPP) , Soledad Zignago - Économiste, Banque de France

La part des femmes parmi les économistes atteint désormais 31 % en Europe (32 % en France) selon les données RePEc, et leur représentation dans les grandes revues scientifiques a sensiblement progressé, portée notamment par l'essor de l'économie appliquée. Ces avancées restent cependant inégales selon les sous-champs : la macroéconomie, la finance et l’économie internationale demeurent nettement sous-féminisés, une tendance qui se dessine dès le doctorat. En France, la part des femmes parmi les jeunes ayant soutenu leur thèse en 2025 n’était que de 35 %. La sous-représentation des femmes persiste donc à l'entrée même de la discipline. Des efforts significatifs restent donc nécessaires pour parvenir à une représentation plus équilibrée.


Claude Meidinger - Professeur émérite de sciences économiques, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Réagissant à une citation à comparaitre devant un grand jury, émise par le département de la justice américain, Jerome Powell a déclaré : « La menace de poursuites pénales est une conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui servira l’intérêt public, plutôt que de suivre les préférences du président ». Cette déclaration, réaffirmant l’indépendance de la banque centrale dans un contexte de craintes inflationnistes et de déficits budgétaires croissants, remet sur la place publique les éléments d’un conflit qui n’est pas nouveau, car la notion d’indépendance de la Fed est un concept flou. Au regard de la situation actuelle, Claude Meidinger revisite dans ce billet un conflit qui fut, dans l’histoire de la Fed, considéré comme fondateur de son indépendance.


Florian Léon - Chargé de recherche à la Ferdi, chercheur associé au Cerdi , Francis Osei-Tutu - Assistant Professor of Finance, Paris School of Business , Caroline Perrin - Chercheuse visitante – Saïd Business School, University of Oxford, Chercheuse Post-Doctorante – Commission Européenne

L’instabilité politique est généralement perçue comme un frein à l’investissement, en raison de l’incertitude qu’elle génère. Dans ce billet qui présente les principaux résultats de leur étude publiée dans le Journal of Economic Behavior & Organization, Francis Osei-Tutu, Florian Léon et Caroline Perrin (2026) distinguent instabilité « réelle » et instabilité perçue par les dirigeants d’entreprise dans leurs décisions d’investissement. À partir de données microéconomiques portant sur plus de 147 000 entreprises dans 153 pays, les auteurs montrent que la perception d’une forte instabilité politique accroît l’investissement des firmes, remettant en cause le mécanisme traditionnel d’attentisme face à l’incertitude.


Loïc Charles - Université Paris 8 / LED et INED , Thomas Delcey - Université de Bourgogne, LEDi , Yann Giraud - CY Cergy Paris Université , Ivan Ledezma - Université de Bourgogne, LEDi

L’AFSE et la Revue économique entretiennent depuis 1950 une histoire liée, marquée par une origine commune et un rôle central de la revue dans la communauté des économistes francophones. Longtemps considérée comme la principale revue française de sciences économiques, la Revue économique a notamment accueilli pendant vingt ans le numéro spécial du colloque annuel de l’AFSE. À l’occasion de son 75ᵉ anniversaire, un article publié dans le numéro commémoratif analyse systématiquement l’évolution thématique de la revue. En mobilisant des outils de traitement automatique des langues sur l’ensemble des articles parus depuis 1950, il met en évidence les transformations des thématiques abordées. Ce billet en présente quelques résultats saillants.


Olena Havrylchyk - Professeure d’économie à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et chercheuse au Centre d’économie de la Sorbonne

L’utilisation des actifs immobilisés de la Banque centrale de Russie détenus chez Euroclear pour financer un « prêt de réparation » pour l’Ukraine fait l’objet de discussions au sein du Conseil européen. Dans ce billet qui constitue une version légèrement remaniée d’une chronique publiée sur VoxEU le 11 décembre 2025, Olena Havrylchyk explique comment fonctionnent les dépositaires centraux européens de titres et pourquoi Euroclear est devenu un point d’étranglement critique détenant la plupart des actifs russes immobilisés. Elle documente les profits exceptionnels générés par ces actifs, la poussée politique vers la confiscation de facto malgré les inquiétudes concernant la stabilité financière, ainsi que plusieurs propositions d’utilisation d’actifs russes immobilisés et gelés pour soutenir la défense et la reconstruction de l’Ukraine.


Stéphanie Peltier - Professeure en sciences économiques à La Rochelle Université et membre du laboratoire NUDD (usages du numérique pour le développement durable) et associé à l'IRCAV (Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel) de l'Université de Paris 3 , Sylvain Dejean - Maître de conférences en sciences économiques à La Rochelle Université et membre du laboratoire NUDD (Usages du numérique pour le développement durable) , Marianne Lumeau - Maîtresse de conférences en sciences économiques à l’université de Rennes 1 et membre du laboratoire CREM

Ce billet de blog synthétise les principaux résultats de notre article « Une analyse de la concentration de l’attention par les groupes médiatiques en France », publié récemment dans la Revue économique. Il analyse la part d’attention que les Français allouent aux différents groupes médiatiques, à partir d’une enquête diffusée auprès de 6 000 individus. Il montre que le marché des médias est concentré. Les quatre premiers groupes concentrent 47 % de l’attention des Français. Le groupe public (Radio France et France Télévisions) est de loin celui qui concentre le plus l’attention des consommateurs (19,8 %), sauf chez les plus jeunes pour qui Meta dispose du pouvoir médiatique le plus fort. Il souligne également que la fusion projetée entre les groupes TF1 et M6 aurait accru le niveau de concentration sur le marché sans remettre en cause la position de leader du groupe public ou de Meta.


Yannick Lucotte - Associate Professor at the University of Orléans & Research member of the Laboratoire d'Economie d'Orléans (LEO), affiliated Researcher at PSB Paris School of Business

Dans ce billet, Yannick Lucotte examine les conséquences spécifiques de l’adoption du paquet Omnibus en matière de reporting de durabilité pour le secteur bancaire, sur les tensions qu’elle crée dans l’accès à l’information extra-financière et sur la manière dont les établissements financiers doivent désormais organiser leur propre trajectoire dans un paysage moins lisible, mais non moins exigeant.


Aïmane Abdelsalam - Doctorant en économie (Université de Lille, Clersé) et affilié au LIEPP Sciences Po , Alexis Guillaume - Économiste - Institut Avant-garde, Docteur en économie de l’université Paris Dauphine - PSL , Anne-Laure Delatte - Directrice de Recherche au CNRS, professeur associée à l’université Paris Dauphine - PSL

En France, les dépenses fiscales et socio-fiscales représentent aujourd’hui l’équivalent de plus de 6 % du PIB, contre 2 % à la fin des années 1970. S’appuyant sur une base de données inédite couvrant plus de quarante ans, ce billet issu de notre article publié dans la Revue d’économie politique (Abdelsalam, Delatte, Guillaume, 2025) montre comment ces dispositifs sont devenus un pilier discret mais majeur de la politique économique française, en particulier au service des entreprises. Leur essor traduit une reconfiguration de l’action publique : l’État continue de redistribuer mais agit désormais de plus en plus comme un garant de la compétitivité.