Créé par l'AFSE en 2015, l'objectif de ce blog est de permettre aux économistes d'avoir des échanges autour des grands thèmes actuels. L’AFSE n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans les différentes notes : ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

 

Raphaël Chiappini - Maître de conférences, Bordeaux School of Economics , Dominique Torre - Professeur émérite, Université de Nice, GREDEG , Elise Tosi - Professeur associé, SKEMA Business School

On a beaucoup écrit sur le rôle des experts internationaux en matière de diffusion des principes de politique monétaire pendant la période classique de l’étalon or et l’entre-deux guerres. La littérature est plus discrète sur leurs mauvais choix et leurs échecs, cependant nombreux dès que les effets de discipline du régime de convertibilité externe n’ont plus pu réguler à partir de 1929 les économies en récession. La mission de la Banque de France en Roumanie entre 1929 et 1931 illustre les limites de leur efficacité et interroge le bien-fondé de leurs méthodes. Ce billet reprend les analyses de l’article intitulé « The Little Paris and the New Berlin: The French Money Doctors’ Unsuccessful Mission in Romania, 1929-1933», publié récemment dans la Revue d’économie politique.


Cristina Jude - Macro-économiste, Service des Études Macroéconomiques et des Synthèses Internationales (DGEI DECI SEMSI), Banque de France , Grégory Levieuge - Économiste chercheur à la DEMFI-RECFIN, Banque de France

La Fed et la BCE ont relevé leurs taux d’intérêt directeurs en 2022-2023, à un rythme sans précédent. La transmission du resserrement monétaire aux conditions de financement a été similaire dans la zone euro et aux États-Unis, et comparable aux cycles précédents : près de 95 % de la transmission serait accomplie dans les 12 mois suivants la hausse des taux. Néanmoins, la transmission des conditions de financement à l’inflation s’opère moyennant des délais plus longs et plus variables. 


Laurent Soulat - Chargé d’études au sein de la Direction des politiques sociales de la Caisse des Dépôts

Les travaux de recherche sur des mesures de bien-être social et du bonheur de populations se sont multipliés au cours de ces dernières années. Dans la plupart des pays développés, ces préoccupations s’inscrivent depuis trois décennies dans un contexte de vieillissement de la population et de réformes des systèmes de retraite visant à allonger la durée d’activité. Une étude publiée dans le numéro 42 de Questions Politiques Sociales – Les études de la Caisse des dépôts vise à apporter un éclairage sur le bien-être des Français et plus particulièrement de leur bien-être ressenti lors du passage à la retraite. Pour cela, elle mobilise les données des vagues 2014 et 2020 de l’enquête Pat€r (PATrimoine et préférences vis-à-vis du TEmps et du Risque). Ce billet reprend les principaux résultats de l’article publié.


Abdelhakim Hammoudi - Directeur de Recherches à L’université Paris Saclay, INRAE, PSAE , Mohammed Said Radjef , Maria-Angela Perito , Lamia Meziani

Environ un quart de la production alimentaire mondiale est perdue, avec 25 % à 50 % de nourriture jetée tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Or il existe un lien entre pertes alimentaires et disponibilité de l’offre d’une part, et capacité des systèmes alimentaires à assurer la sécurité alimentaire mondiale d’autre part. Ces constats confortent l’urgence à concevoir des politiques concrètes de lutte contre les pertes alimentaires post-récoltes. Dans ce billet qui reprend les principaux résultats d’un article publié dans la Revue d’économie politique, nous proposons une politique de Standard Logistique Minimum qui vise à limiter les sous-investissements logistiques le long de la chaîne de production et distribution, dont nous évaluons l’efficacité non seulement dans la réduction des pertes alimentaires, mais également par rapport aux effets collatéraux en termes de prix, d’offre et d’exclusion des producteurs.


Touria Jaaidane - Professeur de sciences économiques à l’Université de Lille , Sophie Larribeau - Professeur de sciences économiques à l’Université de Rennes

La réduction des inégalités entre les communes françaises repose sur l’existence de dispositifs de péréquation financière qui consistent en un transfert de ressources budgétaires, soit de l’État aux collectivités locales (on parle alors de péréquation verticale), soit entre collectivités de même niveau (péréquation horizontale). La DGF est le principal transfert vertical utilisé par l’État à cet effet. L’examen de son mode d’allocation en révèle une complexité qui confine au manque de transparence pour les collectivités. Au-delà, l’analyse du caractère effectif de la péréquation financière montre que si les inégalités se sont réduites (entre 2018 et 2023) des progrès restent encore à faire.


Montserrat Botey - Chercheuse post-doctorale au LIEPP, SciencesPo , Guillaume Chapelle - Maître de conférences en économie à l’université de Cergy, affilié au laboratoire THEMA

Ce billet qui reprend les conclusions principales d’un article paru dans Economie et statistique examine le potentiel impact redistributif de l’imposition des loyers imputés, c’est‑à‑dire des loyers que les propriétaires devraient payer s’ils étaient locataires de leur bien. Le montant des loyers imputés nets est évalué à 7 % du revenu national net, leur non‑imposition constituant des dépenses fiscales cachées pouvant aller jusqu’à 11 milliards d’euros par an. L’article conclut que la non‑imposition profite principalement aux ménages les plus âgés et les plus riches et constitue ainsi la plus grande dépense publique envers les propriétaires occupants.


Mehrdad Vahabi - Université Sorbonne Paris Nord, Directeur du CEPN UMR 7234

L’héritage intellectuel de Janos Kornai peut être exploré en se focalisant sur deux concepts clés constamment présents dans ses travaux, à savoir le paradigme systémique et la contrainte budgétaire lâche (CBL). Ces deux concepts ont constitué les soubassements théoriques des contributions originales de Kornai à l’analyse des ‘systèmes économiques comparés’. Dans ce billet issu d’un article récent paru dans la Revue d’économie politique, Mehrdad Vahabi en présente le cheminement intellectuel.


Patrick Artus - Conseiller économique, Natixis

La productivité du travail a reculé légèrement dans l’ensemble de la zone euro depuis 2017, et a reculé très fortement en France depuis 2019. Dans ce billet, Patrick Artus défend l’idée que ce recul est moins imputable à des causes conjoncturelles (difficultés d’embauches, hausse du taux d’emploi des salaires peu qualifiés) qu’à des causes structurelles (insuffisance d’investissements en Nouvelles Technologies et d’effort de Recherche-Développement, vieillissement de la population en âge de travailler, compétences de la population active, et attitudes des salariés vis-à-vis du travail).


Françoise Milewski - Economiste à l'OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques) et présidente du Conseil scientifique de PRESAGE, Programme de Recherche et d'Enseignement des SAvoirs sur le Genre de Sciences Po

Culminant à près de 33 % à la fin des années 1990 sous l’effet de politiques publiques (incitations financières aux entreprises), la part du temps partiel dans l’emploi des femmes se réduit depuis 2017. En 2022, le temps partiel représente 26,5 % de l’emploi des femmes, alors que la part de l’emploi à temps partiel des hommes progresse tendanciellement, sans rupture. Que signifient ces mouvements récents ? Témoignent-ils de ruptures ou de consolidations ? Peut-on parler d’améliorations, de rééquilibrages ? Ce billet propose quelques réponses à ces interrogations.


Sébastien Grobon - Doctorant au Centre d’économie de la Sorbonne (CES) et économiste au Conseil d'Orientation des Retraites (COR), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne , François-Charles Wolff - Professeur en sciences économiques, LEMNA, Nantes Université et TEPP

La question de l’incidence des aides publiques, et celle de la pertinence des aides aux étudiants, semblent incontournables dans l’actualité. Pourtant, on connaît mal l’articulation entre les aides publiques et privées aux étudiants, à savoir les bourses sur critères sociaux et les transferts des parents. Dans un article récemment publié, nous mettons en évidence qu’un étudiant recevant davantage d’aide publique verrait l’aide de ses parents s’adapter à la baisse. La moitié de la bourse reçue serait « évincée » par une baisse de l’aide parentale. Ainsi les bourses permettent à la fois d’augmenter le revenu des jeunes, mais aussi à leur famille de faire moins de sacrifices pour financer leurs études. Du fait du ciblage des bourses, il ne s’agit pas d’une marque d’inefficacité d’autant que dans certains cas, non étudiés dans ce travail, la bourse peut rendre possible les études et déclencher une aide plus importante des parents.