La stagnation séculaire : ce qui fait débat

Jeudi, 7 décembre, 2017 - 16:28
Par Gilles Dufrénot
Dans le thème: Jeco

Professeur de Sciences Economiques, Aix-Marseille School of Economics et Chercheur associé, CEPII.

Les controverses actuelles sur la stagnation séculaire s’inscrivent dans la continuité de débats anciens au sein de l’analyse économique, traversée depuis longtemps par la crainte d’un épuisement de la croissance. Si les pays industrialisés semblent bien s’installer dans un régime de croissance et d’inflation faibles, les rôles respectifs des facteurs d’offre et de demande, ainsi que du cycle financier, dans cette situation sont aujourd’hui largement débattus. Parmi les choix envisageables de politique économique destinés à y remédier, la politique budgétaire a probablement davantage de marges de manœuvre que la politique monétaire, aux prises avec le plancher des taux d’intérêt à zéro. Cette note souligne également que l’augmentation des inégalités alimente probablement la dynamique de la stagnation séculaire, et devrait donc faire l’objet à la fois d’un traitement adéquat par les politiques publiques et d’analyses académiques plus approfondies.

Les inégalités sur le marché du travail se créent dès la sortie de l’université

Mercredi, 6 décembre, 2017 - 11:32
Par Anne Boring
Dans le thème: Jeco

Professeure assistante à la Erasmus University de Rotterdam & Chercheuse associée à Sciences-Po Paris (LIEPP & PRESAGE)

Alors que les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail sont souvent expliquées par les contraintes familiales (inégale répartition des tâches domestiques, maternité(s)…), cette note souligne, à l’aide de données récentes issues du Ministère de l’enseignement supérieur, que les inégalités professionnelles commencent en réalité dès la sortie de l’université. Cela s’explique tout d’abord à l’université-même, où les femmes sont moins présentes dans les filières scientifiques et plus généralement, dans les filières les plus rémunératrices. A l’arrivée sur le marché du travail, ensuite, les femmes obtiennent moins souvent tant des emplois stables que des fonctions d’encadrement. Se pose alors la question du rôle des établissements d’enseignement supérieur afin de réduire les inégalités à l’entrée sur le marché du travail.

Fallait-il faire l’Euro ?

Mardi, 28 novembre, 2017 - 17:18
Par Elie Cohen
Dans le thème: Jeco

Directeur de Recherche au CNRS, Professeur à Sciences-Po Paris

La succession des crises depuis 2009 et leurs conséquences (décennie perdue dans l’Eurozone, divergence accrue entre Nord et Sud…) ont mis au jour les nombreuses failles économiques et institutionnelles caractérisant l’unification monétaire européenne. Pourtant, s’il est désormais entendu que l’Euro a été mal conçu, et mal mis en œuvre, c’est bien souvent au pire des difficultés que les solutions nécessaires à son maintien ont été élaborées et mises en œuvre. Cet apparent paradoxe renvoie à la nature profonde de la monnaie unique, à la finalité davantage politique qu’économique. L’attachement à l’Euro apparait ainsi aujourd’hui puissant, en dépit de difficultés qui devront bien finir par être corrigées en profondeur.

Une zone euro protectrice, interventionniste, social-démocrate : est-ce une bonne idée ?

Mardi, 28 novembre, 2017 - 13:51
Par Patrick Artus
Dans le thème: Jeco

Chef Economiste et membre du Comité Exécutif, Natixis

Il paraît évident que le modèle économique de la zone euro évolue dans un sens différent de celui du modèle traditionnel du libéralisme (appelons ce modèle le « consensus ancien de Washington »), sans doute en réponse aux demandes des opinions. La zone euro devient plus protectrice (contre le dumping social ou environnemental, contre les acquisitions étrangères, contre les multinationales de l’Internet) ; elle souhaite avancer vers la coordination fiscale et sociale de ses pays (harmonisation fiscale, réduction des biais de compétitivité comme les travailleurs détachés) ; elle souhaite un supplément d’interventionnisme des Etats (investissements publics du Plan Juncker, proposition de budget de la zone euro, mise en place de projets communs d’investissement public) ; elle a mis la politique monétaire au service de la croissance. Certaines évolutions sont clairement favorables ; il faudrait se demander si d’autres ne peuvent pas nuire au dynamisme économique de la zone euro (s’il y a réduction de la concurrence, rôle accru des Etats dans les investissements, peut-être hausse de la pression fiscale).

Les Investissements Directs Etrangers, des avantages… et des inconvénients. Le cas du Royaume-Uni

Mardi, 21 novembre, 2017 - 14:20
Par Louisa Toubal
Dans le thème: Jeco

Chef de projet La Fabrique de l'industrie

Depuis les années 1980, le Royaume-Uni a fait de l’attraction d’investisseurs étrangers un élément clé de sa politique industrielle. À la différence de la France, le pays a laissé vendre la plupart de ses fleurons nationaux. C’est aujourd'hui le pays qui attire le plus d’investissements directs étrangers (IDE) en Europe. Ce billet souligne les effets ambigus de ces derniers au Royaume-Uni. Contrairement aux idées reçues, les IDE ont ralenti la désindustrialisation de l’économie britannique, notamment dans le secteur automobile, et contribué à sa montée en gamme. Néanmoins, les capitaux étrangers ne se répartissent pas de façon équitable entre secteurs et régions, aggravant de fait les inégalités spatiales. Dans le contexte du Brexit enfin, la forte dépendance du Royaume-Uni aux IDE n’est pas sans risque pour son économie.

Les Entretiens de l’AFSE 2017 La preuve dans les sciences économiques

Jeudi, 5 octobre, 2017 - 11:17
Par Claude Diebolt
Dans le thème: Débats et controverses

Le thème des Entretiens de l'AFSE, organisé lors des Jéco le 07/11/2017,  est : la preuve dans les Sciences économiques.

Les intervenants seront : Michel Aglietta (Professeur émérite d’économie, conseiller scientifique au CEPII et à France Stratégie), Richard Arena (Professeur de Sciences économiques),
Claude Diebolt (Directeur de Recherche au CNRS à l’Université de Strasbourg et Président de la Section 37 (Economie et Gestion) du Comité National de la Recherche Scientifique) et
Marie Claire Villeval (Directrice de Recherche CNRS, GATE)

Voici une proposition de billet pour introduire le thème proposé par Claude Diebolt organisateur de la conférence

Santé et sécurisation des parcours professionnels

Jeudi, 27 avril, 2017 - 09:42
Par Thomas Barnay
Dans le thème: Présidentielle 2017

Professeur de sciences économiques, Université Paris-Est Créteil / Phd, Full Professor in Economics, Upec
Chercheur à Erudite, Tepp et IST-PE / Research Fellow at Erudite, Tepp and IST-PE
Directeur du Master 2 Economie de la Santé

Les aléas de carrière liés à des épisodes de chômage, de formation ou de problèmes de santé morcellent de plus en plus les parcours professionnels. Des événements de santé spécifiques (handicap, cancer), en lien ou non avec le milieu professionnel, marquent ainsi durablement les itinéraires. Dans cette population marquée par un tel événement de santé, des études montrent que la proportion de personnes exclues de l’emploi un an après augmente de façon importante, d’une sur dix. Le phénomène est plus marqué, encore, chez les femmes, les salariés âgés et les moins éduqués.

Le pouvoir d’achat est toujours lié à l’emploi, au logement ensuite

Mardi, 18 avril, 2017 - 10:39
Par Etienne Wasmer
Dans le thème: Présidentielle 2017

Professeur à Sciences Po et membre de l’Association française de science économique/AFSE

Dans un sondage Ipsos Sopra Steria récent et peu commenté, publié le 30 mars (« Présidentielle 2017: les Français et le pouvoir d’achat »), la question du pouvoir d’achat est prioritaire dans leur vote pour 37 % des Français et occupe une place importante pour 56 % d’entre eux. Ces proportions sont plus élevées pour les électeurs de François Fillon et surtout de Marine Le Pen, dont 45 % des électeurs jugent cette question prioritaire. Et, sans surprise, ils ne font guère confiance à leurs candidats pour la régler, le taux de confiance étant de 43 % pour Jean-Luc Mélenchon, 38 % pour Emmanuel Macron et entre 20 % et 34 % pour les autres candidats.

L’Europe : atout ou boulet ?

Dimanche, 16 avril, 2017 - 11:09
Par Patrick Artus
Dans le thème: Présidentielle 2017

Chef Economiste et membre du Comité Exécutif

L’Europe est-elle un atout pour les pays membres de l’Union Européenne, est-elle au contraire un obstacle à leur croissance en raison des déficiences de sa construction institutionnelle ? La question vaut la peine d’être posée alors que, dans un nombre croissant de pays de l’Union Européenne soit la question de la sortie de l’UE est ouvertement discutée, soit les opinions ont une vision de plus en  plus critique de l’apport de l’Europe à leur pays (c’est le cas en Pologne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en France, en Italie, et il y a bien sûr le Brexit). Quand on se pose cette question, une première difficulté est que l’analyse n’est pas la même selon qu’on s’intéresse à l’Union Européenne ou à la zone euro.

Le maintien de l’euro n’est pas synonyme de politiques néolibérales

Lundi, 10 avril, 2017 - 11:59
OFCE
Dans le thème: Présidentielle 2017

Jérôme Creel, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et ESCP Europe
Francesco Saraceno, économiste, Sciences Po, OFCE, Paris, et LUISS