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Le douaire différé, une assurance contre le veuvage ? Leçons du Printemps arabe égyptien

Lauréate d'une mention spéciale du Prix de thèse d'économie 2026 de l'AFSE, Karine Moukaddem présente dans ce billet les résultats du second chapitre de sa thèse « Dynamiques du changement : essais sur le genre, les aspirations et les marchés du mariage », rédigée sous la direction de Patricia Augier et Marion Dovis à l'Aix-Marseille School of Economics. Elle met en lumière le rôle des contrats de mariage Islamique en tant qu’assurance ex-ante contre les risques perçus de veuvage. Elle montre qu'entre 2011 et 2014, l'exposition aux violences meurtrières des manifestations du Printemps arabe égyptien a significativement ralenti — et parfois totalement compensé — le déclin du douaire différé, sans affecter le douaire immédiat. Le douaire est une somme promise par l'époux à l'épouse dans le contrat de mariage islamique, généralement versée en deux temps : une partie immédiate, payée au moment du mariage, et une partie différée, due seulement en cas de divorce ou de veuvage. Dans un pays où les femmes héritent peu de leur mari, les familles semblent avoir renforcé, le temps de la crise, cette forme d'assurance contractuelle contre le risque de perdre un époux.

Immobilité climatique

La migration constitue une stratégie d’adaptation. Cette réallocation des travailleurs peut toutefois être freinée par des contraintes budgétaires. Ces contraintes peuvent elles-mêmes être aggravées par le changement climatique lorsque les chocs réduisent les revenus et l’épargne des ménages exposés. Le changement climatique peut ainsi, simultanément, accroître les gains à la migration tout en réduisant la capacité des individus à migrer, générant une forme d’immobilité climatique. Dans le second chapitre de ma thèse, nous cherchons à quantifier le coût économique de cette immobilité en Afrique subsaharienne à l’horizon de la fin du siècle. Nous combinons des faits empiriques sur la réponse des migrations aux chocs climatiques avec un modèle spatial d’équilibre général. Le modèle nous permet d’évaluer dans quelle mesure ces contraintes empêchent des migrations qui seraient autrement économiquement bénéfiques, puis d’étudier si des politiques de redistribution, permettant de relâcher ces contraintes, peuvent faciliter l’adaptation et réduire les pertes associées au changement climatique.