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Présentation du thème: 

Articles publiés publié avec les Jéco. Ils sont rédigés par des intervenants des Journées de l'Economie

Les billets dans ce thème

  • Flora bellone

    Professeure de Sciences Economiques, Université Côte d’Azur, GREDEG et OFCE Sciences Po, mardi 7 novembre 2017

    La mondialisation a pris un tournant inédit depuis les années 1990 du fait de l’intensification massive du phénomène de fragmentation internationale des processus de production. Cette dernière pourrait remettre en cause l’idée-même que l’ouverture internationale induit systématiquement un gain net pour tous les pays. L’expérience de divers pays émergents au 19ème et au 20ème siècle souligne que, lorsque la mondialisation est nourrie par une baisse fortement asymétrique des coûts de transport des marchandises et des coûts de transferts d’information et des connaissances, il peut survenir conjointement une dynamique globale de divergence et des trajectoires isolées de miracle économique. La mondialisation à l’œuvre depuis les années 1990 s’appuie essentiellement sur la réduction des coûts de transfert du savoir-faire et des connaissances, et induit de ce fait une re-dispersion des activités industrielles vers les pays à bas salaires. Se pose alors pour les pays développés, qui voient la rente d’agglomération dont ils bénéficiant jusqu’alors s’éroder inexorablement, la délicate question des politiques publiques adéquates.

  • Gilles Dufrenot

    Professeur de Sciences Economiques, Aix-Marseille School of Economics et Chercheur associé, CEPII.

    Les controverses actuelles sur la stagnation séculaire s’inscrivent dans la continuité de débats anciens au sein de l’analyse économique, traversée depuis longtemps par la crainte d’un épuisement de la croissance. Si les pays industrialisés semblent bien s’installer dans un régime de croissance et d’inflation faibles, les rôles respectifs des facteurs d’offre et de demande, ainsi que du cycle financier, dans cette situation sont aujourd’hui largement débattus. Parmi les choix envisageables de politique économique destinés à y remédier, la politique budgétaire a probablement davantage de marges de manœuvre que la politique monétaire, aux prises avec le plancher des taux d’intérêt à zéro. Cette note souligne également que l’augmentation des inégalités alimente probablement la dynamique de la stagnation séculaire, et devrait donc faire l’objet à la fois d’un traitement adéquat par les politiques publiques et d’analyses académiques plus approfondies.

  • Anne Boring

    Professeure assistante à la Erasmus University de Rotterdam & Chercheuse associée à Sciences-Po Paris (LIEPP & PRESAGE)

    Alors que les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail sont souvent expliquées par les contraintes familiales (inégale répartition des tâches domestiques, maternité(s)…), cette note souligne, à l’aide de données récentes issues du Ministère de l’enseignement supérieur, que les inégalités professionnelles commencent en réalité dès la sortie de l’université. Cela s’explique tout d’abord à l’université-même, où les femmes sont moins présentes dans les filières scientifiques et plus généralement, dans les filières les plus rémunératrices. A l’arrivée sur le marché du travail, ensuite, les femmes obtiennent moins souvent tant des emplois stables que des fonctions d’encadrement. Se pose alors la question du rôle des établissements d’enseignement supérieur afin de réduire les inégalités à l’entrée sur le marché du travail.

  • Elie cohen

    Directeur de Recherche au CNRS, Professeur à Sciences-Po Paris

    La succession des crises depuis 2009 et leurs conséquences (décennie perdue dans l’Eurozone, divergence accrue entre Nord et Sud…) ont mis au jour les nombreuses failles économiques et institutionnelles caractérisant l’unification monétaire européenne. Pourtant, s’il est désormais entendu que l’Euro a été mal conçu, et mal mis en œuvre, c’est bien souvent au pire des difficultés que les solutions nécessaires à son maintien ont été élaborées et mises en œuvre. Cet apparent paradoxe renvoie à la nature profonde de la monnaie unique, à la finalité davantage politique qu’économique. L’attachement à l’Euro apparait ainsi aujourd’hui puissant, en dépit de difficultés qui devront bien finir par être corrigées en profondeur.

  • Patrick artus

    Chef Economiste et membre du Comité Exécutif, Natixis

    Il paraît évident que le modèle économique de la zone euro évolue dans un sens différent de celui du modèle traditionnel du libéralisme (appelons ce modèle le « consensus ancien de Washington »), sans doute en réponse aux demandes des opinions. La zone euro devient plus protectrice (contre le dumping social ou environnemental, contre les acquisitions étrangères, contre les multinationales de l’Internet) ; elle souhaite avancer vers la coordination fiscale et sociale de ses pays (harmonisation fiscale, réduction des biais de compétitivité comme les travailleurs détachés) ; elle souhaite un supplément d’interventionnisme des Etats (investissements publics du Plan Juncker, proposition de budget de la zone euro, mise en place de projets communs d’investissement public) ; elle a mis la politique monétaire au service de la croissance. Certaines évolutions sont clairement favorables ; il faudrait se demander si d’autres ne peuvent pas nuire au dynamisme économique de la zone euro (s’il y a réduction de la concurrence, rôle accru des Etats dans les investissements, peut-être hausse de la pression fiscale).

  • Louisa Toubal

    Chef de projet La Fabrique de l'industrie

    Depuis les années 1980, le Royaume-Uni a fait de l’attraction d’investisseurs étrangers un élément clé de sa politique industrielle. À la différence de la France, le pays a laissé vendre la plupart de ses fleurons nationaux. C’est aujourd'hui le pays qui attire le plus d’investissements directs étrangers (IDE) en Europe. Ce billet souligne les effets ambigus de ces derniers au Royaume-Uni. Contrairement aux idées reçues, les IDE ont ralenti la désindustrialisation de l’économie britannique, notamment dans le secteur automobile, et contribué à sa montée en gamme. Néanmoins, les capitaux étrangers ne se répartissent pas de façon équitable entre secteurs et régions, aggravant de fait les inégalités spatiales. Dans le contexte du Brexit enfin, la forte dépendance du Royaume-Uni aux IDE n’est pas sans risque pour son économie.