Le blog de Dufrenot

La stagnation séculaire : ce qui fait débat

Professeur de Sciences Economiques, Aix-Marseille School of Economics et Chercheur associé, CEPII.

Les controverses actuelles sur la stagnation séculaire s’inscrivent dans la continuité de débats anciens au sein de l’analyse économique, traversée depuis longtemps par la crainte d’un épuisement de la croissance. Si les pays industrialisés semblent bien s’installer dans un régime de croissance et d’inflation faibles, les rôles respectifs des facteurs d’offre et de demande, ainsi que du cycle financier, dans cette situation sont aujourd’hui largement débattus. Parmi les choix envisageables de politique économique destinés à y remédier, la politique budgétaire a probablement davantage de marges de manœuvre que la politique monétaire, aux prises avec le plancher des taux d’intérêt à zéro. Cette note souligne également que l’augmentation des inégalités alimente probablement la dynamique de la stagnation séculaire, et devrait donc faire l’objet à la fois d’un traitement adéquat par les politiques publiques et d’analyses académiques plus approfondies.

Paie-t-on trop d’impôt ?

AFSE, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille et chercheur associé au CEPII

La France a l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Si l’on ajoute les impôts, aux cotisations et aux taxes, ce taux avoisine 45% du PIB. La charge qui pèse sur les entreprises représente 30,2% des recettes fiscales, dont 25,1% de cotisations sociales. La contribution des ménages est de 28%. La pression fiscale reflète un modèle d’économie où la société a, jusqu’ici, opté en faveur d’un haut niveau de protection sociale financé par le secteur public (voir le tableau 1). Les dépenses de protection sociale et de santé représentent 55% du total des dépenses. La France, comme l’Allemagne, fonctionne sur le modèle scandinave. Par comparaison, les taux de pression fiscale des Etats-Unis et du Royaume-Uni sont seulement de 25% et 35% respectivement, et les ratios des dépenses publiques de  47% et 39% (contre 57% pour la France). Dans ces pays, la protection sociale est davantage du ressort du secteur privé.

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