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On n’a pas encore tout fait contre le chômage de masse

Professeur d’économie associé à l’Université d’Aix-Marseille, ancien président de l’AFSE.

Parmi les pays les plus développés, très peu souffrent d'une situation de chômage massif et durable. Il s'agit essentiellement des quatre pays de l'Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce et Portugal) et... de la France (Cf. Graphique 1). Au début de 2017, le taux de chômage s’élève ainsi à près de 10 % en France et, en moyenne, à environ 6 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Les crises économiques, et en particulier la crise financière qui s'est amorcée en 2008, ne peuvent donc être invoquées puisqu’elles n’ont pas condamné les autres pays, qui les ont également traversées, à demeurer dans cette situation de chômage massif. Des destructions d’emplois induites par le progrès technique et l’économie numérique n’en portent pas non plus la responsabilité puisque, en France comme dans les autres pays développés, les gains de productivité sont très bas depuis le début des années 2000, à des niveaux rarement sinon jamais connus depuis le second conflit mondial (Cf. Tableau 1). Une insuffisance des dépenses publiques n’est pas non plus en cause : les Etats des nombreux pays au plein emploi ont tous été moins dépensiers que le nôtre. Les raisons d’un tel chômage massif diffèrent selon les pays qui en pâtissent, et je n’évoque ci-dessous que trois d’entre elles, parmi les plus importantes concernant la France, en reprenant des éléments des analyses développées avec Jacques Barthelemy (par exemple dans Barthelemy et Cette, 2015).  

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